Economie

Le commerce électronique sous-exploité dans l’UE

https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AEuropean_Commission_flags.jpg
European Commission flags By Sébastien Bertrand (wikimedia commons)

Près de 4 milliards des biens sont achetés en ligne et acheminés partout dans l’Union Européenne chaque année. Pourtant, et malgré son fort potentiel, le secteur de commerce électronique serait grandement sous-exploité.

Selon la Commission Européenne alors que 44% de consommateurs achètent en ligne dans leur propre pays, ils ne seraient que 15% à faire pareil dans d’autres pays de l’union que le leur. Pourtant avec toute la variété de produits et services offertes en ligne, le e-commerce pourrait leur permettre d’économiser jusqu’à de 11 milliards d’euros. Le peu d’engouement pour le e-commerce dans l’UE s’explique notamment du fait des coûts de livraisons transfrontalières élevés. Ce non homogénéité des règles de ventes et d’achats en ligne à travers l’union ne découragerait non seulement les consommateurs à acheter ailleurs que chez eux, mais empêcherait également les entrepreneurs d’accéder à des nouveaux marchés. D’ailleurs 62% des entreprises qui souhaiteraient faire de la vente en ligne considèrent les coûts de livraison trop élevés constituent un frein pour elles.

Dans ses propositions pour le marché unique numérique, la Commission veut améliorer la surveillance de régulations dans le secteur de livraisons des colis et examiner le problème de la transparence des prix, notamment celle des petits envois. En effet, il existe une très grande différence des prix des livraisons transfrontalières parmi les pays de l’Union Européen. Différence d’autant incompréhensible qu’elle ne correspondrait pas aux coûts sous-jacents de la livraison d’un colis, comme le coût salarial ou la distance géographique parcouru par le colis. A ce sujet le vice-président de la Commission européenne chargé du marché numérique, Andrus Ansip, déclare qu’il coute, aujourd’hui, plus cher d’expédier un bien acheté en ligne d’un pays de l’union vers un autre, même pour une distance semblable ou plus courte. Il ajoute que les coûts élevés et l’inefficacité des livraisons transfrontalières décourageraient les consommateurs et les commerçants à faires des affaires en ligne à travers l’union. Selon lui, il faut s’assurer du développement du commerce électronique partout dans l’UE en mettant, notamment, en œuvre au plus vite possible les stratégies pour un marché unique numérique.

Une étude économétrique réalisée par l’université Saint-Louis de Bruxelles, démontre que les prix de livraisons transfrontalières sont 5 fois plus élevés que les livraisons domestiques, tous produits comparés. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire ce coût élevé ne trouve pas de justification dans le coût de livraison interne du pays destinataire puisqu’il n’existe pas de lien apparent entre le coût réel et les prix de la livraison. L’étude montre également que le prix d’un colis ordinaire de 2 kg, sans options supplémentaires telles le suivi, la traçabilité ou rapidité particulière de livraison, peut être élevé dans un sens et être plus raisonnable dans un autre. En effet, des variations de prix très considérables se dévoilent en comparant les pays de l’UE.  Ainsi, le frais d’envoi d’un petit paquet de la France vers l’Italie s’élève à 16,50€, mais il est de 25€ pour le sens inverse, or les prix domestiques pour l’envoi de ce même type de colis sont seulement de 8,95€ en France et 9€ en Italie. Même constatation dans d’autres pays de l’union comme en Belgique et les Pays-Bas où malgré leur proximité et un coût de livraison interne de 6,50€ chacun, le frais d’expédition d’un colis de 2 kg vers l’Espagne est de 26,10€ pour la Belgique, et 13€ seulement pour le Pays-Bas.  Mais le plus surprenant est que l’envoi de ce même type de paquet de l’Espagne vers ces deux pays coût 32,74 € indifféremment.

Le commerce électronique est un secteur à très grand potentiel qui, si correctement exploité, pourrait permettre la création des milliers d’emplois et d’apporter une contribution à hauteur de 415 milliards d’euros à l’économie de l’UE. Pour autant la Commission n’entend pas réguler le prix des livraisons. En effet, pour la Commissaire européenne au Marché intérieur, à l’Industrie, à entrepreneuriat et aux PME, Elżbieta Bieńkowska, l’objectif est d’homogénéiser et rendre plus abordables les expéditions transfrontalières des colis pour les individus et les PME, non pas en régulant les prix ou en imposant des plafonds mais en accroissant la transparence et la compétition.

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